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Rempoissonnement : Pourquoi ? Comment ?

Le rempoissonnement doit être finement calculé.
Le rempoissonnement doit être finement calculé. © Entente de l'Yvette

L'annonce du rempoissonnement des lacs du Mail et de Lozère ainsi que de l'Yvette a soulevé plusieurs questions quant à l'utilité de cette démarche, notamment de la part de quelques riverains Palaisiens et Orcéens. Voici quelques éléments de réponse.

Dans son utilisation la plus courante, le rempoissonnement consiste à répondre à une attente des pêcheurs, c’est-à-dire à garantir des prises en quantité. Les poissons utilisés pour ce type de rempoissonnement sont issus de souches d’élevage (non locales).
Mais le rempoissonnement peut représenter également un outil de gestion piscicole, pour la mise en valeur des cours d’eau. Il peut être employé pour relancer une dynamique des populations de poissons dans des cours d’eau réhabilités, au terme des mesures de restauration et dans le seul cas où une recolonisation naturelle par l’amont ou l’aval s’avère impossible. Les espèces réintroduites ou soutenues doivent être adaptées aux conditions régionales, l’idéal étant de disposer de souches locales. Les quantités à déverser seront déterminées le plus précisément possible en fonction du potentiel du cours d’eau. Deux méthodes de repeuplement peuvent alors être employées.
La première consiste à introduire des géniteurs de l’espèce recherchée pour que la reproduction naturelle puisse s’effectuer directement dans le cours d’eau. Pour cela, il faut s’assurer que le cours d’eau réponde à l’ensemble des exigences du cycle de vie de l’espèce (reproduction, incubation, croissance...). La quantité de poissons déversée sera alors fonction de la capacité de recrutement du milieu, c’est-à-dire de son potentiel reproductif (surface de frayères).
La deuxième méthode, dite repeuplement de fond, consiste à déverser des alevins de l’espèce voulue. Les quantités déversées seront alors fonction de la capacité d’accueil du milieu, c’est-à-dire son aptitude à fournir des caches et postes individuels. Mais attention à la confusion des genres : ce n’est pas une opération vraiment efficace sur le plan halieutique, puisque les alevins sont soumis à plusieurs années de forte sélection naturelle avant de parvenir au stade adulte pêchable.
Ces types de rempoissonnements sont le plus souvent utilisés dans un objectif de gestion patrimoniale, visant à retrouver un niveau de population apte à exploiter les capacités du milieu.
Il apparaît ainsi que les différentes exploitations de l’outil rempoissonnement peuvent présenter des modalités de mise en œuvre divergentes en fonction des contextes piscicoles (fonctionnalités écologiques des cours d’eau) et des objectifs fixés.
Rappelons enfin que les notions de gestion halieutique et de gestion piscicole ne sont pas fondamentalement opposées, bien au contraire. Le gestionnaire doit être en mesure de prendre les dispositions nécessaires afin de concilier la demande des pêcheurs avec les potentialités et les sensibilités des cours d’eau de son territoire d’intervention.
Le repeuplement ne peut être considéré comme une pratique anodine, il est de la responsabilité du gestionnaire d’en prendre conscience et de le mettre en œuvre avec discernement.
Il faut absolument éviter l’inutile et le nuisible. Dans un contexte dégradé, c’est-à-dire un cours d’eau où les fonctionnalités biologiques du poisson ne peuvent être remplies et où le peuplement piscicole est profondément perturbé voir absent, l’apport massif de poissons d’élevage ne provoquera ni nuisance ni impact particulier. Par contre, dans le cas d’un cours d’eau fonctionnel, ce type de déversement peut provoquer un certain nombre de nuisances : concurrence entre les poissons déversés et le peuplement en place, introduction de maladies, variations génétiques, etc.

Les étapes du rempoissonnement
C'est la Pisciculture Vasseur qui va livrer les poissons ce vendredi. Les activités de cette société sont essentiellement la reproduction et l'alevinage en étangs, la pêche, le tri et la livraison.
Suite à la pêche, dès que les étangs de production sont remplis, ils sont alevinés. Chaque étang est différent (qualité de l’eau, surface de l’étang, nature du sol, prédation du cormoran), c’est à ce moment-là que sont sélectionnées les quantités et les espèces de poissons.
Les vidanges des étangs de production s’effectuent à partir du mois d’octobre jusqu'en janvier.
Après autorisation de vidange, l'étang est vidangé. A un certain niveau d’eau, la pêche s'effectue au filet. Le poisson mis dans des bassines est immédiatement versé dans les cuves oxygénées sur le camion. Après la pêche, le poisson est ramené à la pisciculture pour le tri.
Après la pêche, le poisson se repose pendant deux jours en bassin. Il est ensuite déversé dans une rivière de tri. Chaque tournée de tri dure moins de 3 minutes pour éviter que le poisson ne faiblisse.
Le tri commence par les espèces fragiles (sandre, perche...) puis les autres.
Les poissons sont ensuite emmenés dans les bassins de stockage afin qu’ils se reposent avant la livraison. Cette technique de tri sur site permet d’avoir un poisson de qualité ainsi qu’un tri propre.
Après plusieurs jours de repos, le poisson est ramené dans les bassins de chargement pour les mettre à jeun. Le transport dans des camions viviers oxygénés garantit des poissons livrés non stressés.
Sur site, les poissons sont pesés en fonction de la demande des clients et immédiatement mis à l'eau dans leur nouvel environnement.

Rappelons enfin qu'à la suite du rempoissonnement du vendredi 16 janvier 2015, la pêche sera interdite sur les lacs du Mail à Orsay et de Lozère à Palaiseau jusqu'au 26 janvier 2015 inclus, ceci afin de permettre aux poissons déversés de s'adapter à leur nouveau milieu.

Dernière modification levendredi, 16 janvier 2015 18:30

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