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Risque important d'extinction d'espèces piscicoles

Le Chabot Commun est particulièrement affecté par les changements climatiques.
Le Chabot Commun est particulièrement affecté par les changements climatiques. Piet Spaans (Creative Commons)

Excellent indicateur de la qualité des eaux, le poisson est un des premiers témoins et victimes du changement climatique. Des évolutions chez certaines espèces piscicoles sont déjà recensées.

Ces trois dernières décennies, des modifications rapides et importantes du climat ont été observées. Ces bouleversements touchent les écosystèmes, mais aussi les espèces présentes dans ces milieux, notamment les poissons qui occupent la quasitotalité des eaux de surface. L’augmentation de la température et de l’évapotranspiration ou encore la diminution des précipitations auraient ainsi des conséquences sur les populations piscicoles, qui sont également soumises à de fortes pressions liées aux activités humaines. Suite à plusieurs études scientifiques sur les poissons, auxquelles a participé l’Onema, les premiers impacts ont pu être identifiés et les premières projections modélisées sur le territoire français, même s’il reste des incertitudes inhérentes à la problématique du changement climatique.

Modification de l’aire de distribution des espèces
Issues de modèles statistiques, élaborées à partir de jeux de données sur du moyen-long terme, plusieurs évolutions ont été mises en avant, touchant en particulier la physiologie, les rythmes biologiques et la répartition de la communauté piscicole. Selon les espèces, une contraction, une expansion ou un déplacement de l’aire de distribution ont été observés. "Globalement, les résultats convergent vers une diminution des habitats favorables aux poissons d’eau froide comme la truite et le saumon d’Atlantique et, inversement, une augmentation des habitats pour les espèces plus tempérées (par exemple, le chevesne)", indique Nicolas Poulet, chargé de mission à l’Onema. Quelle que soit l’espèce, les poissons ont également tendance à remonter en altitude sur le gradient amont-aval. Mais cette vitesse de remontée (13 m/décennie) reste inférieure à celle des isothermes du changement climatique (57 m/décennie), d’où un risque d’extinction locale fort pour les espèces soumises à des conditions défavorables.

Des colonisations plus rapides que les extinctions
Certains résultats doivent être par ailleurs interprétés avec précaution, par exemple l’augmentation du nombre d’espèces aux altitudes moyennes. En effet, il a été montré que les extinctions se faisaient plus lentement que les colonisations. "De fait, sur un même site, des espèces en voie de colonisation et d’autre en voie d’extinction peuvent cohabiter, donnant l’apparence d’une importante richesse spécifique alors qu’à terme, certains poissons auront disparu", souligne Nicolas Poulet. Enfin, au niveau physiologique, une diminution de la taille moyenne des individus est constatée depuis une vingtaine d’années. Cette évolution pourrait s’expliquer d’un point de vue métabolique, les petits individus profitant plus efficacement de la hausse de température que les gros, ce qui les rend plus compétitifs. Les impacts du climat sur les poissons de métropole sont déjà bien visibles, mais des actions au niveau local sont à envisager pour aider l’écosystème à conserver sa résilience, si importante pour tamponner les effets du changement climatique. "Il faut avant tout s’attaquer aux pressions anthropiques, faute de pouvoir s’attaquer directement au changement climatique au niveau local", conclut Nicolas Poulet.

Source : Onema

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