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Savoir manipuler un poisson

Carpe sur un tapis de réception humide.
Carpe sur un tapis de réception humide.

Quand on pratique le "no-kill", ou "catch-and-release", pratique qui consiste à remettre les poissons attrapés dans leur milieu naturel, il est important de savoir manipuler nos prises afin qu'elles retournent à l'eau dans les meilleures conditions possibles. Il est de coûtume de photographier ses belles prises avant leur remise à l'eau. Mais cette pratique, si elle est mal maîtisée, peut conduire à la mort du poisson peu après avoir été libéré. Sans parler des pêches de "kermesse" où les truites, déjà stressées par leur changement de milieu, sont souvent manipulées de la pire des manières, même si on sait qu'elles sont là pour être consommées. Ou pas.

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Le dessin ci-dessus montre les principaux organes d'un poisson. Notez l'emplacement du cœur (entouré en rouge) situé entre les branchies et le foie, juste au-dessus des nageoires pectorales.
Ces trois organes (cœur, branchies et foie) sont très fragiles. Un poisson soumis à une forte pression à cet endroit pourra parfaitement s'en aller une fois libéré, mais mourra inéluctablement peu après.
L'objectif consiste donc à éviter toute forme de stress supplémentaire que le poisson a déjà subi en ayant été capturé. En s'y prenant mal pour manipuler l'animal, en appuyant fortement aux endroits sensibles, les chances de survie s'amenuisent exponentiellement.

Si c'est bon pour la photo, ça ne l'est pas forcément pour le poisson
Il suffit de parcourir la Toile ou de feuilleter les magazines de pêche pour constater que de nombreuses photos révèlent une prise en main inadaptée. Certes, on essaye d'exhiber le poisson pour que le lecteur sache bien de quelle espèce il s'agit, en essayant de mettre en valeur certains détails, mais cela conduit souvent à une manipulation hasardeuse avec tous les risques que cela comporte. Si c'est bon pour la photo, ce n'est pas forcément bon pour le poisson !
Lorsque la queue du poisson n'est pas fermement maintenue, le pêcheur a tendance à tenir le poisson au niveau des organes sensibles pour qu'il reste stable pour la prise de vue. Or, lorsque le poisson vient à se débattre avec une folle envie d'échapper des mains du pêcheur, ce dernier, par pur réflexe, aura tendance à le serrer encore plus fort.

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Une main de fer dans un gant de velours
La meilleure façon de tenir un poisson dépend de son anatomie, d'où cette nécessaire curiosité du pêcheur qui ne doit pas se contenter de tremper du fil dans l'eau, mais aussi et surtout de consulter quelques ouvrages sérieux qui décrivent l'anatomie de chaque espèce.
En général, la meilleure façon de tenir un poisson est au niveau de la tête, celle-ci étant posée dans la main avec les doigts de chaque côté pour le canaliser. Et pour stabiliser son corps, l'autre main doit tenir sa queue juste avant la nageoire caudale, d'une main douce mais ferme. Les cavaliers le savent bien : "une main de fer dans un gant de velours".
En présence d'un poisson récalcitrant, mieux vaut le relâcher immédiatement, mais si c'est votre plus belle prise. On peut aussi tenter de le calmer en lui masquant délicatement les deux yeux avec la main.

Quelques règles

• Réduisez les temps de combat au minimum. On sait que cela fait partie des plaisirs de la pêche, mais un long combat épuise le poisson et ajoute au stress engendré par la capture. Dès lors que vous pratiquez le "no-kill", utilisez un équipement adapté pour réduire le temps de combat, par exemple avec une ligne un peu plus forte, même si vous êtes un adepte de pêches fines.

• Plus le poisson reste hors de l'eau, moins il a de chances de survie une fois remis à l'eau. Contrairement à une idée reçue, le poisson ne meurt pas par manque d'oxygène mais par intoxication au dioxyde de carbone présent dans l'air. Dans la mesure du possible, retirez l'hameçon quand le poisson est dans l'eau. Sinon, utilisez une épuisette à mailles larges. N'oubliez pas, dans ce cas, que c'est le poisson qui vient vers l'épuisette et non le contraire, car vous risqueriez de l'effrayer et d'ajouter au stress.

• Les tapis de réception ne sont pas réservés aux seuls carpistes : tous les poissons à partir d'une certaine taille doivent y avoir droit. Attention à ne pas laisser votre tapis au soleil et mouillez-le. Pour retirer l'hameçon sur le tapis, vous pouvez utiliser une serviette mouillée pour recouvrir la tête du poisson pour le calmer. Ne posez pas le poisson à même le sol : il pourrait retourner à l'eau en emportant avec lui des parasites ou des bactéries. Ne soulevez jamais un poisson par le ventre pour le déplacer.

• Otez l'hameçon de la bouche du poisson le plus rapidement possible. Pour les petits poissons, un dégorgeoir est suffisant, mais pour les individus plus gros, une pince peut s'avérer nécessaire. Si le poisson a avalé l'hameçon, ne tentez pas de le retirer au risque de blesser le poisson davantage. Coupez le fil au plus près de l'hameçon et laissez-le là où il est. La plupart du temps, le poisson développera un abcès qui expulsera l'hameçon une fois mûr. Si l'hameçon est passé au travers des branchies, coupez le fil pour récupérer l'hameçon par l'extérieur. Enfin, les hameçons sans ardillon sont préférables. Plus faciles à retirer, ils blessent moins.

• Retournez le poisson à l'eau en douceur. Autrement dit, on ne le jette pas à l'eau. Il finirait par se retrouver le ventre à l'air. Pour les gros specimens, un sac de conservation permet de libérer le poisson sans le tenir. Une fois réoxygéné, il partira de son plein gré. Autrement, posez le poisson dans l'eau tout en le tenant par la queue. Faites un léger mouvement de va-et-vient pour l'oxygéner et pour qu'il retrouve ses sens, puis laissez-le partir lorsqu'il vous le fera sentir.

Dernière modification lemardi, 31 mars 2015 17:48

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