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Eviter la mortalité printanière

Eviter la mortalité printanière
© Entente de l'Yvette

La mortalité prématurée des poissons d’eau douce au printemps n’est pas un phénomène nouveau. Mais voir des cadavres de carpes ou d’autres cyprinidés flotter à la surface de l’eau est de plus en plus courant et le sujet mérite toute notre attention de pêcheur responsable.

La bonne santé des poissons dépend d’un grand nombre de facteurs et plus particulièrement du bon fonctionnement de leur système immunitaire. Généralement, ce système immunitaire se met au ralenti au cours de l’hiver, lorsque les parasites, virus et autres bactéries sont inactifs, ou presque. Il se met progressivement en activité au printemps avec le réchauffement de l’eau.
Lorsque le printemps arrive trop vite, le système immunitaire des poissons peut encore se trouver au stade "engourdi", tandis que les parasites, eux, se développent et se reproduisent plus rapidement. Avec leurs défenses encore en sommeil, les poissons deviennent par conséquent vulnérables, ce qui mène inéluctablement aux pertes printanières que l’on connaît.

Haro sur le stress !
Le ralentissement du système immunitaire des poissons n’est pas la seule cause de décès prématurés. En plus d’un printemps arrivant trop tôt, d’autres évènements que les poissons arrivent habituellement à surmonter en période d’activité normale peuvent s’ajouter au phénomène et fragiliser davantage leurs défenses naturelles. On peut citer, par exemple :

• Le rempoissonnement avec des individus de source douteuse ;
• La surpopulation piscicole ;
• L’absence de réserves de pêche ;
• Les captures répétées des individus ;
• La maltraitance des poissons lors de la capture par des pêcheurs peu scrupuleux ;
• Une alimentation mal adaptée ou insuffisante ;
• L’emploi excessif d’amorces grasses ;
• La mauvaise qualité de l’eau ;
• Des conditions environnementales inadaptées ;
• La présence d’un trop grand nombre de prédateurs (carnassiers, cormorans) ;
• L’absence de substrats permettant la reproduction.

Ces événements s’ajoutent au stress du poisson qui, en cette période de réchauffement des eaux, doit aussi subir le stress de la reproduction qui accapare déjà toute son attention.

Mieux vaut prévenir que guérir
Il est possible pour toute AAPPMA, petite ou grande, de réduire voire éliminer ces facteurs stressants dont le poisson n’a franchement pas besoin en cette période. Voici une liste non-exhaustive de moyens simples pour y parvenir :

• Créer une réserve de pêche ;
• Installer des substrats pour la fraie ;
• Limiter la présence des prédateurs (ou installer des refuges pour les poissons) ;
• Réglementer les techniques de pêche localement (obligation de posséder un tapis de réception, utilisation d’hameçons sans ardillon, interdiction de certaines techniques, interdiction d’utiliser des amorces grasses) ;
• Nourrir le cheptel à la fin de l’hiver avec des aliments immunostimulants ;
• Surveiller la qualité de l’eau (quantité d’oxygène) et y remédier le cas échéant.

Enfin, le printemps est aussi propice au développement d’un certain nombre de maladies bien connues, chacune ayant des effets plus ou moins importants sur le cheptel d’un étang ou d’un cours d’eau. En évitant la surpopulation, déjà, on évite aussi les maladies et leur transmission aux autres individus.

Dernière modification lelundi, 16 février 2015 19:44
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