La pêche au coup est indiscutablement la meilleure technique à adopter lorsqu'on souhaite débuter. On peut la pratiquer toute l'année (en 2e catégorie) et elle permet d'acquérir de bonnes bases avant de partir à la découverte d'autres techniques plus complexes.

La pêche au coup, c'est quoi ?

Le terme englobe en réalité plusieurs techniques qui ne s'arrêtent pas à la seule pêche à la canne téléscopique (sans moulinet) avec une ligne et un flotteur. Le "coup" est un lieu de pêche, l'endroit où l'on va poser sa ligne et y attirer les poissons. Le principe consiste à amorcer le coup et à maintenir les poissons sur le coup, toujours à l'aide d'amorce. La difficulté consiste à choisir la bonne amorce, la fréquence et la quantité d'amorcage.

Il s'agit, du coup (sans jeu de mots !), d'une pêche statique. On choisit son "spot", on s'installe et on pêche.

Au coup, on pêche majoritairement les poissons dits "blancs", c'est-à-dire les poissons appartenant à la famille des cyprinidés. Ce sont principalement les gardons, rotengles, brèmes, carpes, tanches, carassins... Mais vous pourrez aussi tomber sur une petite perche ou un brocheton opportuniste.

Où pêcher ?

Les parcours de pêche de l'Entente de l'Yvette sont tous en 2e catégorie. La rivière Yvette, le Lac du Mail et le Lac de Lozère ont chacun leurs caractéristiques et se prêtent bien à la pêche au coup. Pour débuter, on vous conseille plutôt les lacs, en particulier le Lac de Lozère qui présente l'avantage d'être peu profond (environ 80 cm) et d'être riche en poissons. Vos premières prises sont assurées !

En débutant, on a souvent tendance à s'emmêler ou à s'accrocher dans la végétation. Mieux vaut choisir un endroit dégagé en évitant les endroits où la végétation est dense et où il y a trop d'arbres. En revanche, la végétation aquatique est intéressante à plus d'un titre, car elle constitue à la fois un garde-manger et un abri pour les poissons. Cependant, au début, mieux vaut éviter les endroits trop encombrés pour ne pas y accrocher votre ligne.

Quel matériel ?

N'allez pas trop vite. En visitant les boutiques spécialisées ou les rayons des grandes enseignes, ne soyez pas tenté par la diversité de l'offre. Il ne sert à rien de trop investir au début.

D'abord, la canne. Partons du principe que vous êtes un débutant total. Une canne à coup télescopique est un bon point de départ. Elles existent en différentes longueurs, de 3 à 7 mètres. Pour nos parcours, une canne de 4 à 6 mètres suffit pour commencer. On évitera les "kits" prêts-à-pêcher où tout est certes fourni, mais la qualité des cannes et des lignes montées est souvent décevante.

En plus de la canne, procurez-vous un repose canne. En effet, les cannes bas de gamme sont assez lourdes et vous finirez vite par vous fatiguer de la pêche si vous devez tenir la canne plusieurs heures durant.

Puis, il faut une ligne de pêche. La plupart des fabricants proposent des lignes montées. Il suffit d'adapter la longueur de la ligne à la longueur de la canne et de déplacer le flotteur en fonction de la profondeur de l'eau. A part ces manipulations, les lignes montées présentent l'intérêt d'être équilibrées et ne requièrent aucun réglage.

Choisissez des lignes fines. Rien ne sert d'être "câblé" pour la pêche du requin pour pêcher des poissons qui dépassent rarement 1 à 2 kg ! Ne faites pas comme ces pêcheurs occasionnels qui pêchent la truite d'élevage deux fois par an et privilégiez la finesse. Vous en tirerez plus de plaisir, de satisfaction et vous aurez l'air moins ridicule à côté des pêcheurs chevronnés.

A titre de guide, parmi les lignes montées, préférez les montages avec de petits hameçons (maximum N°12 ou 10 qui sont déjà gros !) et des flotteurs fins de 0,20 ou 0,30 g. Vous en tirerez plus de sensibilité à la touche et l'éventuel "combat" avec un beau poisson n'en sera que meilleur pour sa santé. N'oubliez pas que le poisson va être remis à l'eau, alors autant éviter de le blesser avec du matériel trop "lourd".

Vous aurez aussi besoin d'un boîte de pêche dans lequel vous rangerez votre petit outillage et vos accessoires comme les plombs, les bas de ligne montés, un ciseau, une pince à plombs, un ou plusieurs dégorgeoirs pour ôter l'hameçon de la bouche du poisson, etc. Une sonde à pince est également utile pour régler la hauteur du flotteur sur la ligne en fonction de la profondeur de l'eau.

Pensez aussi à un chiffon, un seau pour préparer l'amorce et une épuisette. Pour votre propre confort, un siège de pêche peut s'avérer utile. Si vous voulez préserver les poissons vivants avant de les photographier et de les remettre à l'eau, une bourriche longue et large est indispensable.

Enfin, l'amorce et les esches. Pour vos pêches en lac, choisissez une amorce basique comme celles indiquées "étang" ou "gardons". Les appâts sont nombreux et c'est à vous qu'il appartient d'expérimenter pour constater ceux qui marchent le mieux à une période donnée de l'année et pour quelles espèces. Vers de terre extraits de votre jardin, graines (le maïs fonctionne bien au Lac de Lozère), pain, fromage, dés de jambon... Les grandes enseignes proposent presque tous un frigidère avec différents types d'appâts vivants. L'asticot y est souvent roi. C'est l'appât de base pour débuter.

Dans tous les cas, que ce soit pour le matériel ou les amorces et les esches, demandez conseil à votre détaillant.

S'installer et pêcher

L'heure est venue d'aller s'installer au bord de l'eau. Soyez pragmatique et organisez-vous pour que tout soit à portée de main. Vous verrez par la suite qu'une station de pêche n'est pas un accessoire superflu, mais représente quand même un certain investissement. Une station, c'est à la fois un siège, une caisse à outils et un support pour vos accessoires. L'idéal pour pêcher au coup.

Une fois installé, il est temps de préparer l'amorce en mélangeant le contenu du sachet avec de l'eau. Pas trop, car il faut pouvoir réaliser des boules d'amorce bien collantes de la taille d'une balle de tennis. Une fois le mélange réalisé, on peut éventuellement le tamiser. Laissez reposer le mélange et, pendant ce temps, profitez-en pour sonder votre coup pour connaître la profondeur de l'eau et régler la hauteur de votre flotteur qui doit rester bien droit. S'il penche, votre bas de ligne est trop long. S'il coule, votre bas de ligne est trop court. Il faut trouver le juste équilibre pour que l'esche touche le fond et que le flotteur soit sensible aux touches.

Les poissons ne se nourrissent pas tous de la même manière. Certaines espèces se nourrissent sur le fond, d'autres entre deux eaux, d'autres encore à la surface. Un bon indicateur est la forme de leur bouche : les poissons fouisseurs (carpes, barbeaux, goujons...) ont une bouche ouverte vers le bas. Ces poissons se nourrissent sur le fond. Les rotengles et les ablettes par exemple, ont une bouche tournée vers le haut et se nourrissent de préférence vers la surface. Mais ce n'est qu'une règle générale. Il faut donc adapter sa ligne en fonction du poisson recherché. Pour débuter, un grain de maïs ou un asticot posé au fond fera déjà de bonnes prises.

Après avoir sondé, il faut se mettre en tête de toujours pêcher à cet endroit (le coup !), car la topographie du fond peut varier d'un endroit à un autre, parfois à quelques dizaines de centimètres près. Accrochez l'esche sur l’hameçon et mettez la ligne à l'eau à l'endroit-même où vous avez sondé. Confectionnez ensuite quatre à cinq boules d'amorce et lancez-les en visant tout près du flotteur. Le but est d'attirer le poisson vers votre esche, il est donc inutile d'éparpiller vos boules d'amorce.

L'amorce va mettre un certain temps à faire son effet, le temps de sa dilution dans l'eau. Vous verrez par la suite que les pêcheurs de compétition confectionnent eux-mêmes leurs amorces et parviennent à créer des effets de goût et de dispersion très précis. Mais ça, c'est une question d'expérience.

Les premières touches arrivent plus ou moins vite, parfois immédiatement, parfois au bout de quelques dizaines de minutes suivant l'appétit des poissons. Les touches sont détectées par le flotteur qui indique le comportement du poisson par rapport à votre esche :

- Le flotteur fait de petits à-coups : un poisson est en train d’engamer l’esche et/ou de la goûter... Dans ce cas, restez attentif mais ne ferrez pas, car parfois la touche n’est pas suivie. C'est un refus. On peut alors aguicher le poisson en faisant bouger le flotteur de quelques centimètres. Si rien ne se passe ensuite, il peut être utile de relever la ligne pour voir si le poisson n'a pas "sucé" l'appât.

- Le flotteur disparaît carrément sous l'eau, d'un coup : on peut alors imaginer que le poisson a pris l'esche à pleine bouche. C'est le moment de ferrer.

- Le flotteur ne disparaît pas mais se déplace sur plusieurs centimètres : attention, le poisson a mordu mais s'en va ailleurs pour avaler sa proie. Tendez la ligne et ferrez.

- Le flotteur se met à l'horizontale : le poisson a avalé l'esche mais remonte à la surface. Là encore, tendez la ligne et ferrez.

Le ferrage consiste à planter la pointe de l'hameçon dans le cartilage de la bouche du poisson. Surtout, pas de gestes brusques. Un petit coup de poignet suffit. Imaginez que votre force est décuplée par la longueur de la canne. Il est donc inutile de tirer comme une brute ! "Une main de fer dans un gant de velours" disent les cavaliers. A ne pas confondre avec une main de fer dans un gant de boxe !

Une fois ferré, le poisson va se débattre. C'est à ce moment que l'on évalue sa taille, son poids et éventuellement son espèce. S'il tire beaucoup, il faut faire attention à ne pas casser la ligne par des gestes trop brusques. Le poisson finirait alors avec une "médaille" dans la bouche. La plupart du temps, dans ce cas, il se forme un abcès et l'hameçon finit par se déloger tout seul. Mais ce n'est pas le but recherché. On veut pêcher un poisson sain et pouvoir le remettre à l'eau en bonne santé.

Donc, si le combat dure, il faut accompagner le poisson en lui laissant des périodes de liberté. Ainsi, il va se fatiguer et finir par tomber dans votre épuisette.

Une fois maîtrisé, on ramène doucement le poisson vers l'épuisette qui a été préalablement mis à l'eau. Dans tous les cas, c'est le poisson qui vient à l'épuisette et non le contraire !

Le poisson mis au sec, décrochez l'hameçon. S'il a engamé profondément, utilisez un dégorgeoir. Observez le poisson. S'il présente des maladies, prenez une photo et signalez-le à l'AAPPMA. Remettez le poisson à l'eau ou dans votre bourriche.

Si, après plusiers prises, les touches commencent à s'espacer, il peut être utile de réaliser un amorcage de rappel en lançant deux ou trois petites boules. Mais attention à ne pas trop amorcer, car vous risquez de gaver les poissons qui se trouvent à proximité de votre coup.

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